JUILLET 2014 / ARTICLE

La loi française en matière de détection des métaux est ambigüe, car elle se réfère uniquement au but poursuivit par l'utilisateur d'un détecteur de métal.

RAPPEL DE LA LOI

La première loi à règlementer l'usage des détecteurs de métaux fut la loi N° 89-900 du 18 décembre 1989. Cette dernière est repris sans aucune modification dans l'article L. 542-1 du code du patrimoine, qui précise que "Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche".

En cas de détection ayant pour but la recherche d'objets archéologiques, une autorisation préfectorale est obligatoire. Elle n'est délivrée qu'aux archéologues professionnels et doit s'inscrire dans un cadre de recherche bien précis. Elle n'est délivrée que pour une durée déterminée, et doit faire l'objet de rapports de recherche qui devront être remis au service régional de l'archéologie ayant accordé l'autorisation. En effet, il faut savoir que si c'est le préfet qui signe l'autorisation, d'ou son nom, elle est en aval accordée ou refusée par le SRA du département dans lequel devront avoir lieu les recherches effectuées à l'aide d'un détecteur de métaux.

En dehors de la recherche d'objets archéologiques, l'utilisation d'un détecteur de métaux ne nécessite pas d'autorisation particulière, à part bien sur celle du propriétaire du terrain.

En cas de recherche de trésor sur le terrain d'un tiers, en plus d'une autorisation écrite de recherche, il faut aussi absolument signer avec le propriétaire un protocole de partage mentionnant les modalités de partage de toutes les découvertes. En effet, juridiquement parlant, un trésor découvert à l'aide d'un détecteur de métal n'est pas qualifié de trésor, ce qui implique que sans signature de protocole de partage au préalable, la totalité du trésor reviendra au propriétaire du terrain dans lequel aura été effectué la découverte.

On lit souvent, de la part de certains archéologues, que l'utilisation d'un détecteur de métal est en elle-même interdite sans autorisation préfectorale. la France étant selon eux un vaste site archéologique, tout utilisation d'un détecteur de métal reviendrait à détecter sur un site archéologique. Ceci est bien sur faux.

Pour s'en rendre compte, il faut se reporter à l'intention du législateur lors de la promulgation de la loi de 1989. Interrogé à propos de la loi N° 89-900 du 18 décembre 1989 par le député de Savoie Mr Calloud, le ministre de la culture de l'époque, Jack Lang, répondra la chose suivante : "La nouvelle législation n'interdit pas l'usage des détecteurs de métaux mais en règlemente seulement l'utilisation. Si l'objet de cette utilisation est la recherche de vestiges archéologiques, une autorisation préalable de mes services est nécessaire. En dehors de ce cas précis, la loi demance à ce que soit signalée aux autorités compétentes toute découverte fortuite de vestiges archéologiques."

la réponse du ministre de la culture est très claire : il n'y a que l'intention de rechercher des vestiges archéologiques au détecteur de métaux qui nécessite une autorisation préfectorale. Il est bien évident que si vous détecter sur un site archéologique, un tribunal considèrera que votre intention de détecter des objets archéologiques est évidente. La jurisprudence est claire sur ce point : tous les utilisateurs de détecteurs de métaux pris en flagrant délit de détection sur un site archéologique ont été condamnés par les tribunaux, et c'est tout à fait normal. A vous de vous tenir éloigné des sites archéologiques.

LES DOCUMENTS

› La lettre du ministre de la culture rédigée en 1990 et publiée dans le numéro 5 du magazine LE PROSPECTEUR, ISSN numéro 1169-3835.

COMMENTAIRES
invité
23/05/2016 à 08h53

Bonjour voilà vendredi après-midi je détectais avec une amie sur un champ agricole avec l'autorisation du propriétaire (maire de la commune) en fin d'après-midi des archéologues sont arrivés avec les gendarmes en disant qu'on avait pas le droit de se servir de détecteur en France et ont demandé qu'on nous saisisse notre matériel et ont porté plainte pour détection sur site peut-être archéologique. ont-ils le droit et que dois-je faire ?

invité
16/07/2016 à 19h20

Le champ en question et t'il un site archéologique ?

invité
16/07/2016 à 19h23

Le maire c'est ou pas si il y a eu des fouilles dans sa commune ! Si non il ne sont pas dans leur droit car tu as l'autorisation et le papier signer de la main du maire en témoigne ;-) !

invité
23/07/2016 à 04h25

Bonjour ,je voudrais savoir s'il existe une legislation particuliere pour prospecter sur les plages (SUD et Atlantique )?

prospecteur
Admin
05/08/2016 à 16h07

non, mais il faut se renseigner avant à la mairie concernée car certaines plages sont interdites à la détection.

invité
12/10/2016 à 01h05

question détection en forêt c'est aussi réglementé ! il est interdit de le faire en forêt domaniale par exemple.

invité
24/10/2016 à 16h27

Au sens strict de la loi, la détection de métaux en forets domaniales doit effectivement être conditionnée à une autorisation préfectorale. Néanmoins, en pratique il y a une grande tolérance : les gardes chasses s'étonnent simplement de nos trouvailles et sont davantage curieux de notre loisir que répréhensifs. Du moment que l'on rebouche les trous et que l'on respecte la nature, on ne fait de mal à personne.

invité
26/11/2016 à 22h29

voilà ce qui arrive quant un soulard ou ivrogne redige un texte de lois..et d'autres ivrognes la font passer sans scrupule!du charabia à la volée!!

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